Il y a des combattantes qui gagnent des médailles. Et il y en a d’autres qui changent des mentalités. Adele Fornarino appartient clairement à la seconde catégorie — et de préférence aux deux à la fois.
À l’approche de son rematch très attendu contre Alex Enriquez lors de l’UFC BJJ 7, la grappeleuse italienne n’a pas mâché ses mots face à ceux qui doutent encore de la légitimité du sport féminin. Sa réponse ? Simple, directe, sans détour : « Tout le monde regarde le sport féminin. » Une déclaration qui résonne bien au-delà des tatamis.
Qui est Adele Fornarino ?
Fornarino n’est pas une nouvelle venue dans le monde des arts martiaux. Compétitrice accomplie en jiu-jitsu brésilien (BJJ), elle s’est forgé une réputation solide sur la scène internationale grâce à une technique rigoureuse, une garde redoutable et une capacité à lire les combats avec une intelligence rare. Italo-américaine dans l’âme, elle incarne une nouvelle génération de grappeleuses qui n’acceptent plus d’être reléguées au second plan.
Son ascension n’a pas été un long fleuve tranquille. Comme beaucoup d’athlètes féminines dans les sports de combat, elle a dû se battre non seulement sur les tapis, mais aussi contre les préjugés qui persistent dans un milieu historiquement dominé par les hommes. Mais c’est précisément ce combat-là qui semble la motiver davantage.
UFC BJJ : une scène qui grandit vite
Lancé comme une extension naturelle de l’univers UFC dans le monde du grappling pur, l’UFC BJJ s’est rapidement imposé comme l’une des plateformes les plus excitantes pour les compétiteurs de haut niveau. Pas de frappes, pas de cage octogonale — juste deux athlètes, un tatami, et la technique à l’état brut.
Le format séduit de plus en plus de fans, y compris — et c’est important — un public féminin croissant. Les femmes représentent désormais une part significative des spectateurs d’événements de grappling comme l’UFC BJJ, contredisant point par point l’idée reçue selon laquelle ces sports n’intéressent que les hommes.
Pour l’UFC BJJ 7, l’affiche promet du grand spectacle. Le rematch Fornarino vs Enriquez est l’un des duels les plus anticipés de l’événement. Leur première confrontation avait laissé les observateurs sur leur faim — une guerre technique, serrée, intense, qui méritait une suite.
« Tout le monde regarde le sport féminin »
Face aux critiques — souvent anonymes, souvent en ligne — qui continuent de minimiser la portée des compétitions féminines, Fornarino a choisi de répondre par les chiffres et la réalité du terrain. Les audiences montent. Les sponsors suivent. Les salles se remplissent.
« Les gens pensent encore que le sport féminin n’attire pas », a-t-elle déclaré. « Mais regardez autour de vous. Tout le monde regarde. » Un message qui touche juste, au moment où des athlètes comme Caitlin Clark en basketball ou les gymnastes américaines aux Jeux Olympiques ont démontré que le sport féminin peut générer un engouement populaire massif lorsqu’il est mis en lumière correctement.
Dans le BJJ, ce phénomène est encore en construction — mais il est bien réel. Des compétitrices comme Gabi Garcia, Beatriz Mesquita ou encore Ffion Davies ont prouvé que le grappling féminin peut être aussi spectaculaire, technique et passionnant que son équivalent masculin. Fornarino s’inscrit dans cette lignée, avec l’ambition supplémentaire de porter ce message dans les médias grand public.
Un rematch, une opportunité de briller
Sur le plan sportif, le rematch contre Alex Enriquez représente bien plus qu’un simple match revanche. C’est une chance de confirmer son statut d’élite dans la division, mais aussi de montrer que les combats féminins de grappling méritent la même attention éditoriale et médiatique que les duels masculins.
Enriquez, de son côté, n’est pas en reste. Compétitrice de talent, elle a su démontrer lors de leur premier affrontement qu’elle était capable de rivaliser techniquement avec Fornarino point par point. Ce rematch s’annonce donc comme un véritable laboratoire tactique — deux styles qui se connaissent désormais, deux volontés qui se sont déjà jaugées.
Le futur appartient à celles qui se battent pour l’avoir
Au-delà du résultat final de l’UFC BJJ 7, ce qui marque avec Fornarino, c’est sa capacité à incarner quelque chose de plus grand que la victoire ou la défaite. Elle défend une vision : celle d’un sport féminin respecté, visible, et économiquement viable.
Dans un monde où les algorithmes favorisent le bruit et les polémiques, cette prise de position claire et assumée détonne. Et quelque part, c’est précisément ce dont le grappling féminin avait besoin : une voix forte, une présence affirmée, une compétitrice qui ne demande pas la permission d’exister.
Adele Fornarino ne se bat pas seulement pour gagner des points. Elle se bat pour changer le regard. Et ça, ça mérite qu’on regarde.